Réduction des Risques …

CPCS croit fermement que son rôle premier n’est pas de sortir l’enfant à tout prix des rues. Fidèles à notre philosophie, nous pensons qu’un premier pas vers la réintégration des enfants dans la société doit obligatoirement passer par la réduction des risques qui est une perspective à court terme visant à atténuer, réduire les menaces et dangers de la vie en rue et à pourvoir l’enfant des armes nécessaires pour y répondre.

Faire de la réduction des risques est une démarche qui peut sembler peu ambitieuse. Une vision fataliste qui nous amènerait à emprisonner les enfants des rues dans leur condition, dans une réalité inévitable et immuable. Les critiques sur les dangers d’une facilitation de la vie en rue sont multiples et souvent légitimes. Les refuges ou « dropping centers » sont d’ailleurs souvent critiqués par des organisations locales ou internationales qui croient davantage en des actions de terrain, de prévention voire d’interdiction, ou des actions de réhabilitation directe et des programmes de formation à l’emploi. Néanmoins, nous sommes convaincus que les refuges peuvent être, au Népal comme ailleurs, davantage qu’un lieu d’accueil où l’on se repose et se nourrit : un lieu d’apprentissage continu, d’éducation informelle, de formation aux droits et devoirs des citoyens, un lieu d’écoute et une passerelle possible vers une réhabilitation en milieu familial, scolaire et professionnelle. A ce titre-là, les refuges n’existent ni pour stocker les enfants et ni pour les enfermer dans leur condition.

Travailler sur la réduction des risques prend certainement tout son sens, si l’on prête attention à un bilan très simple mais terrible au Népal : environ 60 a 70 % des enfants restent dans la rue (avec les risques de mort prématurée ou d’emprisonnement). C’est pourquoi nous sommes convaincus qu’il est important de fournir aux enfants des outils simples mais nécessaires leur permettant de survivre et même de vivre dans un environnement qui ne sera certainement jamais facile. Apprendre à lire, écrire, compter, avoir conscience de ses droits, savoir ce que la société entend par bien ou par mal, savoir vivre avec les autres, être en mesure d’éviter les drogues, la prostitution, l’alcoolisme, la violence, avoir accès aux soins médicaux, avoir quelques bases d’hygiène, de respect de soi, avoir un endroit au chaud où dormir et se nourrir : ce sont des composantes éducatives et pratiques que nous devons mettre à disposition de chaque enfant.

Les programmes de réduction des risques s’attardent sur ces derniers points, avec l’espoir qu’il sera possible, dans un deuxième temps, de faire plus pour l’enfant, c’est-a-dire le ramener un jour vers l’école, sa famille, la société, compte tenu de son chemin, de ses envies et de ses choix.